Sud Ouest : L’appellation Entre-deux-Mers veut aussi produire du rouge

mai 27, 2021 0 Par ODG E2M

Le syndicat viticole en charge de l’AOC souhaite élargir son cahier des charges à la production de vin rouge.

Dans la maison des vins de l’Entre-deux-Mers a la sauve, le syndicat espère pouvoir récolter les premières cuvées d’Entre-deux-Mers rouge a partir de 2022.

« Vin blanc par nature ». Un slogan qu’il faudra surement changer au cours des prochains mois si le projet mené par le syndicat viticole en charge de l’AOC Entre-deux-Mers aboutit. Ce dernier souhaite ouvrir son cahier des charges à la production de vin rouge. « Nous ne voulons pas créer une nouvelle AOC, mais ouvrir le cahier des charges actuel de l’AOC Entre-deux-Mers blanc vers le rouge » résume Bruno Baylet, président du syndicat viticole de l’appellation Entre-deux-Mers.

« Réparer l’oubli de 1937 »

Dans la pratique, de nombreux viticulteurs de l’appellation Entre-deux-Mers produisent déjà du vin rouge. Production qu’ils écoulent sous les appellations Bordeaux ou Bordeaux supérieur. « Il s’agit de s’adapter à la réalité du terrain, de concrétiser une situation existante, de fixer le territoire géographique de production des vins rouges en une référence qualitative. Les vins Entre-deux-Mers rouge viendront ainsi compléter la gamme des vignerons, pour ensuite se retrouver sur les étagères des cavistes, des distributeurs et cartes des restaurants. » poursuit le propriétaire de trois châteaux dans le Créonnais. « Il s’agit aussi de réparer un oubli du législateur en 1937 à la création de l’appellation quand l’Entre-deux-Mers ne produisait que du blanc » complète Frédéric Roger, le directeur du syndicat viticole. Puis les goûts ont évolué, les modes de consommation aussi et le vignoble bordelais s’est mis à produire davantage de vin rouge. Essor auquel a participé l’Entre-deux-Mers. « Dans l’appellation, plus aucune propriété ne fait que du blanc ou ne vend qu’un seul produit », glisse Bruno Baylet.

Valorisation des produits

Le syndicat qui compte 272 vignerons a rédigé un cahier des charges « audacieux et qualitatif, calqué sur celui des blancs ». On y retrouve des cépages traditionnels et un cépage local, le castets. « On a aussi inscrit un élevage long des vins. On veut que l’Entre-deux-Mers rouge soit considéré comme un grand vin à Bordeaux, c’est un peu prétentieux mais on aimerait être le pendant de Saint Emilion. On aurait à peu près dans l’aire d’appellation Entre-deux-Mers entre 5000 et 6000 hectares de vignes rouges éligibles » insiste Bruno Baylet. « L’idée n’est pas de prendre les volumes des Bordeaux – Bordeaux Supérieurs. Pour le consommateur, cela lui permettrait de géolocaliser l’origine de ce vin rouge. C’est aussi plus facile pour communiquer avec nos cavistes et restaurateurs. L’objectif est aussi de créer de la richesse, de la valeur ajoutée. »

Après la validation en bureau puis en assemblée générale extraordinaire, le chemin est encore long avant de pouvoir mentionner l’origine géographique et le terroir de l’Entre-deux-Mers sur les bouteilles de vin rouge. L’Institut National de l’Origine et de la qualité (INAO) doit valider le projet de cahier des charges. Puis ce sera au tour des comissions d’enquetes des comités regionales et nationales des appellation d’origines relatives aux vins et aux boissons alcoolisées de le valider. « Nous aimerions avoir une première récolte d’Entre-deux-Mers rouge en 2022 » souhaite Bruno Baylet.

Aude Boilley